Communiqué
Les députés à l’APN sont saisis ce mercredi 15 mars 2006 de trois ordonnances présidentielles, sur lesquelles ils doivent se prononcer sans débats, ni amendements. Pourtant il s’agit de trois questions qui touchent à des sujets fondamentaux et particulièrement sensibles, nécessitant le débat le plus large entre Algériens. Dans l’impossibilité de pouvoir s’exprimer en plénière, le groupe parlementaire du PT, après discussion, a décidé de s’abstenir sur les trois projets et déclare :
1- concernant le statut des personnels militaires : Comment s’est constitué l’État algérien en 1962 ? Le peuple algérien s’est soulevé contre le colonialisme, a décidé d’en découdre, y compris par l’insurrection armée, organisée dans l’ALN. C’est cette dimension historique qui, depuis l’indépendance, donne le caractère populaire à l’ANP qui s’est toujours revendiquée de l’héritage de la révolution algérienne. Au parti des travailleurs, nous restons attachés à cette continuité matérialisée dans les missions et la nature actuelles de l’armée algérienne telles que définies dans la constitution.
2- concernant la mise en œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, malgré les contradictions de la charte nationale et ses limites, notre parti a appelé le peuple algérien à décréter la paix et la réconciliation le 29 septembre 2005 sans conditions ni préalables. Parce que, en confirmant la souveraineté nationale par une solution algérienne à la crise, contre tout plan de pseudo-paix imposé de l’extérieur, il s’agissait, il s’agit toujours pour nous d’ouvrir les horizons, de réelles perspectives de paix pour le peuple algérien dans un processus graduel. Dans le texte qui est soumis, nous enregistrons des mesures d’apaisement, dont la libération des détenus, la prise en charge sur le plan social de toutes les victimes de la tragédie nationale. Mais pour le PT, pour pouvoir dire «plus jamais ça», aucune braise pouvant être ravivée, ne doit rester sous les cendres. Cela signifie qu’aucune partie ne doit être interdite de parole, d’exercice des attributs de la citoyenneté. Cela implique que tous les aspects de la crise soient traités, que la vérité soit établie d’autant plus que des garanties sont données aux différents acteurs. C’est, dans le débat démocratique, dans la clarification que le peuple algérien puisera les forces nécessaires pour tourner résolument la page de la tragédie.
3- concernant la pratique religieuse pour les non musulmans, sans préjuger des préoccupations qui ont motivé l’introduction du projet, nous relevons que le projet se réfère à l’article 36 de la constitution qui énonce «la liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables» qui consacre la liberté de culte. Pour le PT, cela signifie que celles-ci doivent donc relever du domaine privé. Cela est d’autant plus important que nous assistons à la fabrication de conflits prétendument religieux, notamment au Moyen Orient et en Afrique et qui, en définitive, profitent à des desseins de pillage et d’ingérence étrangère. Notre pays ayant déjà été meurtri pendant plus de 14 ans par une guerre de décomposition, y institutionnaliser des divisions sur des bases religieuses, fournirait des points d’appui aux manipulations et aux provocations.
Le Groupe Parlementaire du Parti des Travailleurs
Alger, le 14/03/2006 |